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 One-Shot 999: Les Passages Vides [spoilers sur tout le jeu]

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Seigi
Shotacon
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MessageSujet: One-Shot 999: Les Passages Vides [spoilers sur tout le jeu]   Jeu 7 Juil 2011 - 21:49

Hey, ça faisait longtemps que je n'avais rien posté ici.

Une petite fic donc sur le jeu 9 hours 9 persons 9 doors, il s'agit plus d'une ébauche qu'autre chose, je pensais en écrire davantage, rajouter des détails, mais finalement non. Je le ferai plus tard quand je la posterai sur la section Fanfiction.net.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

ATTENTION: cette fic contient des spoilers sur TOUT le jeu, sur TOUS les endings, et la véritable identité de Zero. Je ne vais pas la mettre sous un spoiler, donc si vous n'avez pas fini le jeu, ne la lisez pas, comme ça, pas de problème.



Les Passages Vides


Tombe. Relève-toi, et brûle.


La première fois qu’il la vit dans cet état, c’était moins de deux mois après la fin du Nonary Game. Pour des raisons de sécurité, ils avaient décidé de déménager, de quitter la ville pour ne plus jamais y revenir. Aoi était terrifié mais ne désirait rien laisser paraître. L’argent qu’il avait mis de côté pour les cadeaux de Noël d’Akane fut dépensé pour les quelques meubles qu’ils possédaient et ils s’en allèrent au début de l’automne.

Elle était debout devant son lit, lorsqu’il la vit se mettre à pleurer. Elle était en chemise de nuit, et tenait encore entre ses doigts une mèche de cheveux qu’elle s’apprêtait à brosser –elle se coiffait tous les soirs, et avant qu’elle ne le fasse toute seule, c’était Aoi qui le lui faisait, et les larmes coulaient sur ses joues. Elle avait maigri depuis le Nonary Game, et son corps était encore celui d’une enfant, mais ses joues étaient creusées, et ses bras, si minces, tremblaient de fatigue.

- Akane… ? Akane, qu’est-ce que tu as, qu’est-ce qu’il se passe ?

Elle se tourna vers son frère, mais ne le regarda pas. Elle avait les yeux baissés, à la manière de quelqu’un qui tente de se rappeler de quelque chose d’important. Elle pleurait toujours, sans faire un seul geste pour essuyer ses joues.

-… Je suis en train de mourir, murmura-t-elle, épuisée. Je suis en train de mourir…

Aoi la prit par les épaules, interloqué.

- Mais non, pourquoi dis-tu ça ? Tu as survécu, tu as pu sortir, tu es vivante, Akane !

Elle secoua la tête, continuant à sangloter.

- Tu ne comprends pas, tu ne comprends pas, dit-elle d’une voix tremblante. Je suis en train de mourir, je brûle dans l’incinérateur, je brûle dedans ! Je n’ai pas réussi, Junpei n’a pas réussi à me sauver !

- Junpei ?

Elle s’effondra dans les bras de son frère, lui raconta toute la vérité. Et ce fut le début d’une longue terreur pour Aoi, une terreur qui allait durer neuf ans.




- Viens avec moi, Junpei.

Il la regarda, tendit la main.

Elle essaya de sortir du chemin avant d’entendre et de voir la suite, mais ce fut trop tard. La hache tomba sur la nuque de Junpei, tranchant les os dans un bruit net et craquant de bois, et le sang se répandit sur le sol. Le corps humain, sembla-t-il à Akane, était à la fois si peu et tellement rempli de sang.

Elle vit les larmes sur les joues de Junpei, le sourire de Clover traînant la hache sanglante d’une main, dessinant un sillon rouge derrière elle, et quitta le chemin qui n’était pas le bon.




Deux ans passèrent.

- Les stocks devront être envoyés à cette adresse, déclara Akane à son frère en lui montrant le plan de l’entrepôt. Mise sur le Soporil et le Tramadol. Il faudra que tu vendes les stocks en Europe en priorité.

Aoi hocha la tête.

- Tu ferais une femme d’affaire redoutable.

Akane rit.

- Je ne suis pas redoutable, répondit-elle très doucement.

- Si tu savais à quel point tu as tort, murmura Aoi, sentant une émotion froide lui glacer les os.




Santa n’eut pas le temps de crier. Il vit June tomber, la hache plantée dans sa poitrine tel un drapeau de vengeance.

- Tu pouvais vivre, idiote, chuchota Clover, arrachant la hache du corps encore chaud de June. Tu n’avais pas besoin de les protéger. Protéger des assassins… veut dire que tu es un, toi aussi.

Elle rit froidement.

- Tant pis pour toi.

Akane aurait voulu pleurer mais elle n’y parvint pas. Elle contempla une dernière fois Santa se traînant jusqu’au corps de June, une main sur sa gorge pleine de sang, l’autre sur le visage de sa sœur, le corps parcouru de soubresauts qui auraient pu faire penser à des larmes, avant qu’Akane ne réalise qu’il ne s’agissait que de tressautements nerveux d’un corps déjà mort.

Ce chemin n’était pas le bon. Elle avait eu beau le refaire plusieurs fois, la hache finissait toujours par tomber.

Tombe, relève-toi et brûle, n’est-ce pas ?




Il se réveilla en sursaut. Akane le regardait au pied de son lit, curieuse, légèrement inquiète. Ses yeux étaient brillants de fièvre, clairs comme de l’eau. Quand Aoi et Akane se regardaient, il y avait ce lien, frêle et pourtant indestructible, aussi visible que le bleu de leurs yeux, la seule marque de ressemblance physique entre eux. Aoi se redressa. Son corps était couvert d’une sueur froide, et ses mains tremblaient.

Il se sentait tomber dans un gouffre, une impression de nausée qui lui retournait l’estomac, un vertige qu’il ne pouvait explique que d’une seule manière. Les yeux d’Akane ne le lâchaient pas, de ce même regard lointain semblable à celui d’une personne en plein songe.

- Pourquoi me transmets-tu ça ? demanda-t-il, à la fois furieux et inquiet. Je ne veux pas le voir, je ne veux pas « recevoir » ces images.

Akane ferma les yeux, appuya sa joue contre le matelas.

- Je n’y peux rien, ça se déclenche. Tu es sensible aux transmissions. Un peu seulement, mais tu le sens encore. Qu’as-tu vu ? demanda-t-elle après un court instant de silence.

- … Le couteau.

Le dire à la voix haute lui faisait mal, comme si sa gorge était tapissée de rouille.

- Le couteau. Dans ma gorge. Je lui faisais face, je ne devais pas me tourner mais je l’ai fait. Il voulait viser le dos mais dès qu’il m’a vu tourner… il m’a poignardé à la gorge.

Akane sourit tristement.

- Tous les passages ne sont pas forcément agréables. A chaque fois, je le vois. Je vois Junpei.

- Tu parles de lui comme si tu n’étais pas triste, fit remarquer Aoi, épuisé.

- Pas triste ? répéta Akane.

On aurait dit qu’Aoi venait de lui raconter une très bonne plaisanterie.

- La chaleur me rend malade, dit-elle abruptement. Je déteste la chaleur.

Elle se releva et finalement vint se blottir contre son frère. Elle ferma les yeux, exhala.

- Ton corps à toi est tiède, chuchota-t-elle d’une voix plus paisible. Il est parfois très froid, mais il n’est jamais brûlant, c’est agréable.

Aoi soupira, étreignit le corps de sa sœur contre le sien. Il respira l’odeur de ses cheveux, de sa peau et se demanda ce qu’il serait passé si elle était morte ce fameux jour. Quelque chose en lui aurait été brisé, ce lien indicible, le mince fil de lucidité et de raison qui lui restait se serait cassé net pour ne laisser de lui qu’un corps vide et seul. Santa Claus n’existait que parce que les enfants avaient besoin de lui, avait-il entendu dire lorsqu’il était plus jeune. Aoi n’existait qu’en tant qu’Aoi que par la vie d’Akane à ses côtés.

C’était atroce, terrifiant, mais vrai. Des émotions exacerbées et figées à jamais.




La fièvre.

June chancela, mais Junpei la rattrapa fermement. Elle vit sur son visage l’inquiétude, le désarroi. Malgré les années, il était toujours le même Jumpy. Celui qui ne parvenait jamais à cacher tout à fait ses émotions, celui qui mentait maladroitement pour se protéger. C’était un timide, un garçon farouche –avec un sens de l’humour tout à fait affreux, mais incroyablement gentil.

June allait mal mais Akane se sentait déjà partir. Ce n’était pas bon, ce n’était pas le chemin qu’il fallait prendre. Elle revit Ace en train de brûler, et sourit froidement, avant de couper la ligne et repartir ailleurs.

L’incohérence temporelle était toujours là. Il fallait seulement la rendre cohérente.





Il la retrouva à la cabine 5. Junpei était toujours inconscient, et Akane le dévisageait, souriant pour elle-même. Elle ne se retourna pas quand Aoi entra dans la cabine, mais eut un petit rire sans humour.

- C’est étrange, j’ai l’impression de le connaître par cœur, dit-elle dans un murmure, passant ses doigts dans les cheveux de Junpei. J’ai l’impression que je sais tout de lui, et en même temps… pas du tout.

- Tu ne connais de lui que ce que le futur te laisse voir des différents chemins, répondit Aoi, haussant les épaules. Est-ce que tu sais quelles études il fait, ce qu’il aime à présent ?

- Il m’aime, moi, rétorqua Akane d’une voix ferme. Je le sais. Il m’aime.

- Il aime celle que tu as été.

Akane se releva, croisa les bras tout en fixant son frère dans les yeux. Elle resta silencieuse un instant avant de sourire à nouveau. Aoi n’aimait pas ce sourire, mais il n’avait presque jamais quitté les lèvres d’Akane depuis le début de la préparation du Nonary Game.

- Alors, il faut qu’il m’aime autant maintenant qu’autrefois. Ca ira. Il était amoureux de moi en primaire. Ce genre de sentiments, on ne s’en défait jamais. Ca reste toujours en peu en nous, même si on ne dit rien.

- Et toi, tu l’aimes ? demanda Aoi, incapable de cacher un mélange de colère et de jalousie dans sa voix.

Akane sembla réfléchir quelques secondes puis éclata de rire. Ses joues étaient légèrement roses de gêne, et peut-être un peu de tendresse. Ses sentiments pour Junpei n’avaient pas plus de sens que ceux que Junpei éprouvait pour elle à travers le passage, neuf ans plus tôt.

- Mes sentiments… je crois qu’ils sont comme de l’Ice-9.

- Encore cette histoire, soupira Aoi, agacé.

Il jeta un bref regard méprisant au corps de Junpei.

- Je ne mens pas, dit Akane.

Elle s’approcha de son frère, prit délicatement son visage entre ses mains. Aoi baissa les yeux.

- Tout va bien se passer, murmura-t-elle, souriant toujours. J’ai confiance, tous les chemins ont été étudiés. Il m’aura fallu neuf ans, mais j’y suis parvenue. Je ne peux pas échouer.

- Tu ne pourras pas revenir en arrière, répliqua son frère. Il t’a fallu neuf ans pour préparer tout ça, neuf ans pour analyser tous les passages. Il se peut que cela ne fonctionne pas.

- Si j’ai réussi, c’est parce que tu étais avec moi, répondit tendrement Akane, enlaçant Aoi. Ca ira. Ca doit aller, répéta-t-elle d’une voix plus ferme.

Aoi la repoussa doucement, posa ses mains sur ses épaules. Il réalisa que son corps était encore frêle, et ses épaules très minces, presque maigres, mais les muscles étaient tendus à l’extrême, les bras légèrement tremblants d’angoisse et de détermination. Il n’arrivait pas à réaliser que neuf ans s’étaient écoulés, il ne voyait que la petite fille en larmes murmurant qu’elle était en train de mourir, ayant glissé ses yeux sur un passage étroit et vide de sens d’un univers potentiel.

- Je t’ai aidé… Oui, souffla Aoi. C’est vrai…

- Je n’aurai jamais pu aller aussi loin sans toi. Je vais m’en sortir. Je vais vivre, chuchota-t-elle d’une voix soudainement émue.

Elle ferma les yeux, étreignit à nouveau son frère, appuyant son front contre le sien. Sa peau était tiède, nota Aoi distraitement. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, ils étaient clairs et lointains, aussi indéchiffrables que l’eau. Elle souriait toujours légèrement, en coin, et personne ne pouvait dire si elle était sincère ou non. Pas même son frère.

- Il ne reste que quelques heures, lança-t-elle alors, et d’un signe de la main, elle fit venir un de ses hommes dans la cabine, lui expliqua la marche à suivre, les indices à cacher.

Aoi la regarda quelques secondes parler avec son homme de main, les bras croisés, le visage impassible, avant de quitter la cabine. Tout en marchant, il actionna le bracelet à son poignet gauche. Il se dirigea vers la cabine d’Ace, s’assit sur le lit de l’homme qui dormait profondément. Il lui mit son bracelet au chiffre 1 au poignet, et éclata de rire.

- J’aurai pu l’aider à te la faire avaler, celle-là… Mais elle s’en sort très bien toute seule.

« Tu sais bien pourquoi », fit une voix dans sa tête et il ne parvint pas à la faire taire. « C’est l’énergie de l’espoir. C’est la survie. »

Il grimaça.

- Bande de sales rats… Vous allez devoir trouver la sortie tous seuls, grogna-t-il avant de quitter la cabine.




Le chemin se fit d’un coup et elle vit tout. Le passage s’éclaira subitement. C’était comme plonger dans de l’air lourd et froid, d’attraper de son simple regard ce que les autres ne pouvaient voir. Les informations passaient du monde à elle, d’elle-même aux multiples autres chemins, comme si elle dispersait des fils de différentes couleurs, et n’avait plus qu’à tirer dessus pour obtenir ce qu’elle désirait.

Elle saisit en face d’elle le passage qui était le bon et le lien se fit. Elle n’eut qu’un cligner des yeux, elle se sentit à la fois très proche de Junpei, et malgré tout extérieure à ce qu’il se passait. Depuis son point d’observation, elle se revit petite fille, revit Junpei décidé à la sauver. C’était une succession de reflets dans des centaines de miroirs différents, et le point original de cette diffusion était son propre cerveau.

Sauve-moi. Ne tombe pas.

Quand tout fut achevé, elle ne ressentit rien en particulier, son corps ne s’altéra pas.

Elle était vivante, enfin.





Aoi avait voulu conduire. Il fumait une cigarette, l’autre main tenant souplement le volant.

- Six heures sans fumer… Putain de torture !

- Tu étais paniqué ? demanda Akane.

Elle sourit une nouvelle fois. Lorsqu’ils avaient quitté le bâtiment, Aoi l’avait attrapée par la main et soudain, alors qu’ils couraient pour rejoindre la voiture, il l’avait serré si fort contre lui que son souffle s’en était retrouvé coupé, et elle avait eu mal à la poitrine. Les doigts de son frère avaient même marqué des bleus sur ses bras. Elle l’avait entendu réprimer une sorte de sanglot de soulagement, et d’un coup, elle s’était effondrée.

Elle s’était mise à pleurer, avait répondu à l’étreinte de son frère, incapable de respirer, sa poitrine lui faisant mal ainsi mais jamais une douleur ne lui avait paru si agréable. Elle respirait, vivait, et tout était rentré dans l’ordre. Le Nonary Game, Junpei, elle-même, tout avait enfin…

- Commencé…, murmura-t-elle, les yeux dans le vague.

Aoi tourna la tête pour la regarder. Il tira sur ce qu’il restait de sa cigarette, jeta le mégot par la vitre.

- Que va penser Junpei ? demanda Aoi, bien qu’il ne s’intéressait pas vraiment à la réponse.

- Je ne sais pas, répondit Akane. C’est dommage.

- Tu es une sacrée menteuse, sourit son frère.

- Je ne mens pas, répliqua Akane.

- C’est vrai, concéda Aoi.

Il régla une nouvelle fois le rétroviseur.

- Tu dis tout, mais ça ne signifie pas que tout est vrai dans tes propos.

Akane éclata de rire, amusée.

- Tu as raison ! s’exclama-t-elle, presque ravie. C’est exactement ça !

Son sourire se figea, et elle tourna son poignet gauche pour regarder son bracelet. Elle appuya sur les deux boutons, et le six devint un zéro, avant que l’écran ne devienne complètement noir.

- La futilité est un vide mensonger, déclara-t-elle mystérieusement.

En elle, la glace avait fini par fondre.


FIN

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Cardia
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MessageSujet: Re: One-Shot 999: Les Passages Vides [spoilers sur tout le jeu]   Sam 9 Juil 2011 - 15:22

Je me suis lu tout le one-shot avec cette musique : https://www.youtube.com/watch?v=n_VgvyKassU

Good job anyway.
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One-Shot 999: Les Passages Vides [spoilers sur tout le jeu]
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